| M & m's, une moto se raconte.... |
En avant pour le tour de la Méditerranée.
Rebonjour. Si vous en êtes là vous me connaissez et avez sans doute déjà lu le récit de mon voyage africain effectué en 2005. Depuis pas grand chose à me mettre sous la dent; un petit tour en Italie et un autre en Suisse. Enfin rien de terrible par rapport à Mao mon boss qui pendant ce temps là est parti en Côte d'Ivoire, au Pakistan, dans l'est tchadien, en Turquie, en Mauritanie et en Egypte. Inutile de dire que je commençais à être un peu jalouse... Pour ce nouveau voyage Mao n'a pas pu me faire de surprise, d'abord parce que je commence à le connaître et surtout parce qu'à l'inverse de l'Afrique ce coup ci il a fallu se préparer administrativement . Je n'ai rien perdu des allers retours pour récupérer les visas, le billet bateau, le carnet de passage en douane... Enfin toutes les saloperies indispensables pour pouvoir partir sereinement en Afrique, en Asie, en Europe ou ailleurs. Comme toujours je suis allée me faire bichonner chez Olivier mon mécano BM préféré à Lyon. Avec mes pneus à tétines j'étais fin prête à en découdre et Mao un peu plus fauché. J'ai récupéré une peau de bique pour ma selle, mais elle est synthétique ...Tant pis. Je suis encore chargée comme un mulet mais tout de même plus légère que pour l'Afrique. Une fois de plus pour le départ la météo a été clémente, c'est à dire que le soleil d'hiver était bien là et les températures polaires aussi en cette fin décembre, mais pas de pluie. Mes poignées chauffantes ont encore sauvé mon motard de l'onglée ... A Marseille la SNCM (socièté normalement compétente mais ...) a fait fort et nous sommes plus que nombreux à vouloir embarquer, au total trois bateaux au départ...et en cette veille d'Aïd cela fait du monde qui pousse au portillon. J'avance au pas et au moment du check de billet on s'aperçoit qu'à Lyon on m'a refilé un billet scooter...C'est aussi discret qu'un papy de 80 ans voulant rentrer au zoo avec un billet enfant !!! Pas grave surtout qu'on a le temps : le bateau est annoncé avec beaucoup de retard.
Attente pour passer la douane, attente sur le quai, une bonne occasion de voir l'efficacité de la SNCM qui réussi sur un parking vide à emboutir deux de ses véhicules !!! Enfin attente au cul du bateau, grâce à un traîtement de faveur j'ai pu m'échapper de la foule et j'embarquerai la première, ouf...Ca a du bon d'être la seule moto . Attente en bonne compagnie....
Ces allemands partent passer le réveillon dans les dunes tunisiennes, il y a des copines à moi dans le camion... Mao a offert le thé au driver qui du coup lui a repassé des cornes de gazelles et une casquette de son club.... Ca commence bien. Comme prévu, pas peu fière, j'ai embarqué la première. Matelas mousse et coussins pour que je puisse passer une agréable traversée, il faut dire qu'en revenant de Tunisie le bateau a été un peu secoué et qu'une trentaine de voitures a été cabossée ... Pas cool !!! Il faut dire aussi que ce n'est pas la traversée pour la Corse avec cinquante motos à garer .
Partis en retard nous ne pouvions pas arriver à l'heure, bien au contraire.... Le pseudo planning avait du plomb dans l'aile et avec le rendez vous à la frontière libyenne il a fallu mettre les bouchées doubles une fois débarqués à Tunis juste pour la messe de nuit ce soir de Noël... Dormi sous la flotte pendant que Mao mettait au point son plan de bataille. Pas de tourisme, pas de petites routes, pas de pause à Djerba ; en avant par l'autoroute et sous quelques gouttes d'eau ... No comment, mais quand je vois la flotte dans les fossés et que je me rappelle les saucées d'hier sur le ferry je suis contente du retard . Après une journée moyenne donc nous voilà à Ben Gardane. Fidèle à son train de vie Mao choisi l'hotel le plus moisi et je me contente d'un coin de terrasse où je passe la nuit à l'abri . Vivement demain et la Libye. Je n'ai même pas eu le droit de ravitailler en bord de route , pourtant j'avais soif. Par contre Mao lui ne s'est pas gêné, un thé par ici, un thé par là, du pain, des gateaux...
La nuit a été calme, il faut dire qu'il n'y a presque rien ici. En route vers le pays de Khadafi... Les dromadaires veillent, les petites dunes aussi, les "stations essence sauvages" de même. A l'heure à la frontière j'ai dû attendre en plein soleil , cool le soleil, au niveau du poste de controle libyen que notre contact arrive avec deux heures de retard... Puis attendre encore quatre heures de plus pour qu'il règle tous les problèmes qui étaient soit disant ok il y a deux semaines... Enfin j'ai changé d'identité, ou du moins de plaque pour faire couleur locale. J'ai aussi récupéré un nouveau carnet de passage en douane (le mien est valable presque partout sauf ici...sacré Khadafi) et même une assurance...
Tout est possible et rien n'est certain. Du coup je devais voyager seule à condition de faire la traversée vers l'Egypte par la route côtière en moins de sept jours et me voilà avec un compatriote Vito de chez Mercedes qui va me servir de poisson pilote. Au début je faisais la gueule puis en voyant la signalisation j'ai modéré mon jugement... Surtout en voulant jouer un peu les touristes.
Avant la pause culturelle à la vieille ville de Sabrata j'ai mieux compris pourquoi Mao ne voulait pas me désaltérer côté tunisien.... En Libye pour l'équivalent de trois euros j'ai pu faire le plein de mon réservoir de trente litres.... Ca fait rêver, du coup pas de retenue sur la poignée de gaz. D'ailleurs tout le monde se lâche sur l'accélérateur ici, les "Pigeots" 404 me suivent à 140 km/h mais j'ai des doutes sur leurs freins.
Moi qui voyais la Libye et son désert je ne m'attendais pas à ramasser des seaux d'eau sur la gueule. Quel déluge au départ de Tripoli, mes aptitudes tout terrain me permettent de prendre les chemins de traverse quand la route n'est plus qu'une vaste mare. Derrière mon "Vito pilote" j'ai pu noter que pluie ou sec les "Pigeots" ont les mêmes performances, ce qui ne me rassure pas vu l'état des pneus et des balais d'essuie glace. Avec une telle météo rouler n'est pas le plaisir attendu et les pauses touristiques s'annulent pour continuer à avancer coûte que coûte. Passé Leptis Magna le soleil et la route se dégagent, bon le paysage n'est pas top et les dromadaires voyagent en semi remorque vers une destination improbable mais c'est mieux. A Ras Lanuf la police nous prend en main et quitte sa télé diffusant en boucle les actions des résistants irakiens contre les américains pour nous trouver de quoi dormir. Une compagnie pétrolière nous accueillera pour la nuit. Endormie par le bruit des vagues au petit matin je suis partante pour la "route du désert" qui va me faire gagner des délais. Le plein toujours avec le même ravissement et le soleil qui pointe le bout de son nez. Serait ce une belle journée ? A 170km/h derrière "mon" Vito j'en doute un peu. Il faut dire qu'il n'y a pas grand chose à voir à part les reliefs des cargaisons des camions accidentés: éviers par ici, chiottes par là, ailleurs des miroirs ou des sacs de ciment ...
A la station du "milieu" pas de jus... mais je retrouve avec joie des panneaux dans une langue que je connais, ouf. Il faut dire que jusque là la seule indication que j'avais comprise c'était la direction de l'aéroport à cause de l'avion dessiné.... Pour le tourisme il me faudra repasser, je voulais aller poser mes roues cramponnées à Bir Hakeim mais cela n'a pas pu se faire pour cause ...d'inondations !!! Du coup en serrant les fesses et en roulant 90 km voyant d'essence rouge je suis arrivée à Tobrouk. J'y ai visité les cimetières militaires, témoins muets des affrontements de la seconde guerre mondiale. J'ai aussi pu papoter avec un chauffeur de taxi, incontournable à Tobrouk. Et pour ceux qui pensent que je suis une grosse moto .... No comment !!!
Pour ma dernière balade en Libye je pensais que tout irait vite et bien... Erreur. Après avoir changé pour la troisième fois d'accompagnateur, après avoir passé une nuit de plus dans un hôtel de luxe, luxe stalinien des années 70, il aura fallu que je rende ma plaque d'immatriculation et que je passe le poste frontière, aussi pénible mais un peu plus court que pour entrer... A moi l'Egypte.
Et bien l'Egypte elle se mérite aussi , surtout en ce début de pélerinage à La Mecque... Beaucoup de libyens vont en voiture jusqu'à un port de la mer rouge et ils passent tous par le seul poste frontière ouvert, donc le mien... Bon s'il n'y avait eu que Mao en une heure tout était vérouillé mais j'y étais ... Et moi ce n'est pas passeport et visa, non c'est tryptique et carte grise. Pas pareil. De bureau en bureau, de papier en papier, de photocop en photocop (tant qu'il y avait de l'électricité) on a même été jusqu'à prendre non pas mes empreintes digitales mais mon numéro de chassis au "calque et crayon à papier". Je crois aussi que j'ai un peu coûté cher à Mao. J'ai encore changé d'identité, mes nouvelles plaques me vont mieux que les libyennes car elles sont jaunes... voir mandarine !!!
Avec tout ce temps passé aux formalités administratives comme ils disent, rouler libre en Egypte est un plaisir d'autant plus grand que l'on arrive de Libye ... En plus la route tournicote, monte et descend et les gens parlent un peu d'anglais. Pas le paradis mais c'est vachement mieux que de l'autre côté. J'ai accéléré le rythme pour aller vers le canal de Suez et la ville de monsieur De Lesseps. J'ai fait le taxi involontairement pour un papy égyptien qui m'a remis sur la bonne route et qui surtout après 40km a du être bien enrhumé vu sa tenue. Désolée.
Le ferry 6 m'a fait traverser le fameux canal de Suez pour me déposer dans ce qui est mon vrai premier objectif de vacances : le Sinaï. Pause pour observer les bateaux et savourer l'instant.
Le Sinaï, j'y ai croisé mon premier et seul motard à moto de tout ce voyage. J'ai profité des rivages de la mer rouge et du soleil. J'ai profité des routes de montagne qui m'ont délicatement fait grimper jusqu'au monastère de Sainte Katherine et ses 1100m d'altitude. Sable et montagne, ciel bleu et repos pendant que Mao fidèle à la tradition part à l'assaut des cîmes.
En route vers Nuweiba le désert s'offre à moi sous toutes ses facettes: dunes, rochers. Plein les yeux avant de tenter de quitter le pays. La sortie sera à l'image de l'entrée sauf que de ce côté ci presque personne ne parle anglais et que le billet d'un dollar aide un peu certaines choses... Pour les autres les camionneurs syriens et jordaniens m'ont pris sous leur coupe et m'ont facilité toutes les démarches. Toujours cet attrait pour ce qui est différent sans doute. Beaucoup de spectateurs et beaucoup de questions en attendant l'embarquement pour moi sur le "fast ferry" vers Aqaba et la Jordanie. Pour mes amis routiers l'embarquement sera pour plus tard, beaucoup plus tard vu qu'ils sont plus de cinq cent à attendre une place billet dans la poche....
Comme toujours j'étais la première à embarquer en Egypte mais aussi la dernière à sortir en Jordanie. Ce n'était pas grave car si j'ai bien changé de pays j'ai plus l'impression d'avoir changé de monde !!! Les formalités, de nuit, se font en trente minutes, visa, assurance, tryptique et change d'argent compris !!! Magique et vive l'ouverture... Une fois de plus pour ma première étape dans un nouveau pays j'arrive en ville de nuit, et merde. Sauf qu'ici l'éclairage public fonctionne et que la ville est "rationnelle". Me voilà stockée pour trois jours de repos dans un "couloir passant" devant l'hotel Pétra. Je raconte ma vie à des tripotées de casseroles made in france (le vendeur tient me le préciser...) et autres utilités provenant d'Asie. Ici pas de place pour les gadgets inutiles.
Par des routes meilleures que chez nous j'ai continué vers le Wadi Rum avec la secrète envie d'y poser mes roues. Hélas c'est une réserve naturelle très règlementée, j'ai donc dû me contenter en trichant d'une petite escapade vers Dishé, mais pas sur les sites les plus visités.
Mao m'a fait des infidélités en partant deux jours en Toyota... J'ai quand même eu droit à ma tempête de sable et à causer avec les dromadaires qui sont moins impressionnants et moins sympas que les éléphants d'Afrique... Oui je sais je me la joue un peu mais je n'ai pas la grosse tête.
En poussant vers le nord et la ville de Pétra énorme changement!!! Un col à 1700m m'accueille avec la neige et une température plus que basse. Le moral chute autant que les poignées chauffantes montent. Petite route de montagne à moitié dégagée, je passe sur des oeufs. Et moi qui grognais j'ai appris plus tard que les routes ont été coupées trois jours avant et que plus personne ne pouvait circuler .... Pas de panique donc .
Arrivée glaciale à Pétra , Mao se trouve un hôtel royal et moi je me caille dehors... Mais il va à nouveau me laisser tranquille pendant quatre jours où il va arpenter les chemins de la vallée et de la vieille cité. Pour se faire pardonner ce nouvel abandon nous repartirons vers la mer morte d'abord par une magnifique et minuscule route de montagne.
Nous n'y croiserons pas une voiture en plus de cent kilomètres , pas plus que nous n'en croiserons sur la route déserte qui traverse le Wadi Araba.
De descente en descente l'altitude diminue, le ciel se dévoile, la température remonte .
En vue de la mer Morte le paysage change aussi . Fini le manque de végétation, place au maraîchage et aux paturages. Les bédouins sédentarisés veillent sur leurs nombreux troupeaux.
Le passage dans cette région chargée historiquement m'aura permis de mieux appréhender la "Terre Sainte" au travers du mont Nébo, du Jourdain, du sanctuaire de Lot. De voir aussi la tolérance de uns par rapports aux autres. Bon d'accord une fois je n'ai pas été très tolérante envers des gamins casse pieds qui touchent à tout.... Autre histoire. Mieux vaut partir vers l'est et ses chateaux, l'est et son désert, l'est et sa route vers Bagdad.
Marcher dans les traces de Lawrence d'Arabie, un motard, me plait plus que de prendre celles de Jésus .... Grâce à cela j'aurai eu la chance de croiser des autruches et des oryx et encore des bédouins qui dans ce coin moins touristique sont restés plus authentiques.
Le temps passe et l'heure de quitter ce beau pays qu'est la Jordanie arrive après deux belles semaines qui m'ont réconciliée avec les voyages. Une dernière soirée me permettra de voir le coucher de soleil sur le lac de Tibériade, le plateau du Golan, Israël et la Syrie, le tout en plein milieu de ruines romaines. L 'Histoire quoi .... La sortie de la Jordanie, sans doute facilitée par la petite taille du poste frontière, se fera comme une fleur, mieux que l'entrée si c'est possible. Comme toujours pas de photo ....
Entrée rapidement en Syrie par la petite porte j'ai pu m'apercevoir de la gentillesse et la serviabilité de ses habitants qui pallient à l'absence de signalisation par l'escorte jusqu'à la bonne route .... Après quelques détours culturels dans le sud du pays je suis bien entendu arrivée à Damas ma première étape de nuit .... Mais si à Aqaba cela n'est pas un problème ici c'est quelque peu différent. Si le syrien est serviable c'est quand il n'est pas au volant, on devrait d'ailleurs dire au klaxon, sa conduite est "exotique"... Alors de nuit je vous laisse imaginer mais je suis sûre que vous serez loin de la réalité. Du coup je me suis même retrouvée dans la vieille ville avec mes valises en train de chercher ma route ou plutôt le quartier des hotels routards. Galère. Parking et reconnaissance à pied me donneront la solution. L'homme à tout faire de mon hôtel de souk Sajoura embarquera et indiquera à Mao la bonne direction à coup de claques sur les épaules et tant pis pour les sens interdits. Au moins j'aurai vu où est le centre culturel français ... Quatre jours à faire la belle dans mon quartier, quatre jours de repos après cette arrivée mouvementée. Départ moins mouvementé pour l'est du pays, mais Damas n'est pas une ville où je passerais ma vie de moto... Par contre Mao à pied y resterait bien encore un peu. Vers l'est je fais la connaissance de nouveaux véhicules, enfin nouveaux pour moi. Ici il faut dire que contrairement à la Jordanie les deux roues sont nombreux et viennent souvent de Chine ...Mais parfois on trouve des trois roues qui n'ont rien à voir avec mon papy "Kaïser".
La route vers l'est c'est la route de Bagdad et les syriens qui sont de vrais commerçants ont vite flairé le bon plan. Ainsi est né le "Bagdad café 66", perdu au milieu de nulle part. Plus tard il a été copié par le "Bagdad café 55", mais surtout n'allez pas demander pourquoi 55.... Ils ne le savent pas . Ce que je sais c'est qu'un thé brulant à côté du "goutte à goutte" qui distille sa chaleur ça vaut le coup de s'arrêter.
La route de l'est en plus de la route de Bagdad c'est aussi la route du désert, le grand désert que l'on retrouve à l'identique en Arabie Saoudite et en Irak. Désert plat et venteux où les derniers nomades ont bien du courage pour y survivre.
La route vers l'est c'est enfin la route de Palmyra, perle du désert, très belle cité antique et comme son nom l'indique grande palmeraie. Une très vieille ville où je peux presque librement me promener.
Une très vieille ville où le temps semble s'être arrêté. Une très vieille ville au milieu d'un calme et d'une sérénité incomparables surtout au moment où le soleil part se reposer.
En poussant toujours à l'est je m'enfonce un peu plus dans le désert puis me rapproche encore de l'Irak si médiatique et arrive à Der Er Zor.
Lieu chargé d'histoire la vallée de l'Euphrate a même accueilli les français entre les deux grandes guerres mondiales (pas les locales) mais tout comme pour l'Irak personne n'en parle. Seule la passerelle sur ce fleuve rappelle à qui veut bien l'entendre que le drapeau "bleu blanc rouge" a flotté ici il n'y a pas si longtemps que cela....
Ma nuit à Der Er Zor sera la seule fois où l'on essaiera de me "prendre" quelque chose. Mais la main de "Fatma" installée sommairement à mon entrée en Libye aura repoussé l'éventuel voleur ... Pas envie de rester dans ce coin là. Je repars vers des lieux plus hospitaliers (...) sur la route des croisades. Je quitte ces terres totalement musulmanes pour aller vers d'autres influences.
Petites routes de montagne, oliviers, les hauteurs enneigées du Liban se devinent sur la ligne d'horizon: le Krack de Chevaliers m'attend.
Des croisades j'ai vu les chateaux, j'ai vu les chapelles et les églises mais de chevaliers je n'ai point vu. En revanche à défaut de chevalier j'ai pu croiser leur monture...
Après les montagnes par petits bonds je glisse vers la côte pour retrouver cette Méditerranée que j'ai perdue de vue depuis ... Depuis Alexandrie l'année dernière. Cela me semble si loin ...
Dernière rencontre, dernier sourire, ultime pause le long de cette courte route côtière syrienne et il est temps de passer la porte vers la Turquie.
Les temps forts du voyage sont en théorie derrière moi. Je me sens sur la route du retour et presque en Europe. C'est aller un peu vite en besogne. La Turquie n'est européenne que géographiquement mais j'avoue qu'avec l'accueil que j'ai eu à mon petit poste frontière je me suis sentie chez moi. Pas de souci administratif, mon assurance est valable ici, on trouve des euros dans les distributeurs, l'essence est encore plus chère qu'à Paris et mon pilote est déjà fiché dans le grand ordinateur suite à son passage en 2006.... Big brother .... Comme il se doit je suis arrivée de nuit à mon étape après avoir ramassé une saucée digne de celle de Libye (...) et avoir roulé en crabe pendant des kilomètres suite à un terrible vent latéral. J'ai échappé de peu à une enseigne de "bouï bouï" volante!!!
Comme MAO connait un peu la Turquie pour y être passé plusieurs fois il a décidé de rester le long de la façade méditerranéenne pour profiter des routes en corniche et des stations balnéaires désertées. Des escapades en montagne sont toutefois au programme avec le canyon de Kropulu.
Voilà qui change du bord de mer et des routes orientales... Air frais et jolis paysages, routes et pistes taillées pour moi. Et en plus arrivée en haut il y a encore de vieilles pierres, en l'occurence un théâtre romain. Je me demande comment Mao ne fait pas d'overdose.
Le ciel qui ne m'avait pas gatée au départ s'est bien rattrappé et la suite du déplacement ne s'est faite que sous le soleil. Les kilomètres s'accumulent lentement mais sûrement. Je n'ai pas encore fait d'étape marathon mais je me méfie car il y a des jours où en démarant je ne sais pas où Mao veut aller. D'ailleurs il ne le sait pas lui non plus....
Cette insouciance a du bon parfois. Sur le port de Side alors que Mao venait de refuser une chambre "trop chère" Mustafa nous aborde , précisant qu'il est motard et possède un hôtel. Il se propose de nous héberger. En fait d'hôtel il possède environ 2000 chambres grand standing sur place...Et dans l'hôtel qui m'accueille trône un vieux side BMW et une non moins ancienne moto bavaroise.... dans ces cas là le temps passe trop vite en aussi bonne compagnie. Nous avons fait le plein de bonnes adresses et autres tuyaux à savoir, routes, sites ...
Le temps se couvre. Le détroit des Dardannelles de triste mémoire s'ouvre devant moi. Il est l'heure de quitter l'Asie géographique pour entrer en Europe. Un dernier ferry à prendre et le tour est joué.
Sortie de la Turquie moyenne, ce n'est pas la zone euro encore. Par contre malgré sa tête de terroriste mon motard préféré m'a aucun problème pour rentrer en Europe....Pas comme les pauvres clandestins bloqués au poste côté turc.
La Grèce ne devait être qu'un mal nécessaire pour rejoindre Igoumenitsa mais avec Mao nous voilà parti dans la région de Météora . Génial, superbe, différent de tout ce que l'on avait vu jusque là. en plus coup de cul Mao a encore trouvé La pension qui va bien . Chez "Arsenis", pension motarde perdue dans la montagne au pied des monastères qui eux sont perchés tout là haut... Trop top malgré la dimension religieuse de l'ensemble.
Après les terres musulmanes, la Terre Sainte, voilà maintenant le temps des terres orthodoxes et de leurs mini chapelles semées un peu partout au bord de toutes les routes de Grèce. Mais contre la pluie certaines bestioles choisiront ma protection plutôt que celle d'un dieu autant incertain qu'invisible ....
Dernière étape vraiment relax, dernière étape vraiment de vacance je prends la route d'Igoumenitsa avec beaucoup de précautions. En 1998 Mao y a ramassé une belle pelle dans la montagne alors avec la route mouillée et glissante comme marqué sur le panneau...j'y vais cool.
Et de toutes façons le rythme ne pouvait pas être trop élevé vu les conditions météo. Bye bye le soleil et vive les poignées chauffantes. N'oublions pas que nous sommes en Europe, en février et à 1700 mêtres d'altitude....
Enfin la mer à nouveau. Le port est là, le ferry pour l'Italie aussi. Petits ronds sur la plage, grand bol d'air marin avant d'aller affronter la pollution urbaine.
Toujours embarquée en premier mais cette fois ci je m'en serai bien passée. Me voilà coïncée au beau milieu de nombreux poids lourds que je verrai tous défiler devant moi avant de sortir en Italie.
L'Italie pour le débarquement, pas de contrôle, on ne pourra pas les accuser de délit de sale gueule. En ce dimanche matin le soleil emmerge de la brume au dessus de Venise mais les vacances sont maintenant terminées. L'étape marathon c'est pour aujourd'hui. Il en faut une par voyage. 1117 kilomètres dans la journée pour rentrer à Lyon via Fréjus pour boire un café et éviter de traverser les Alpes pleines de neige et de froid. La nuit se couche sur Lyon, j'ai retrouvé mon grand père "Kaïser" et je vais avoir plein de choses à lui raconter, plein de photos à lui montrer sur ces 12500 kilomètres sur trois continents différents. Putain que c'était bon .....
Pour d'autres images plus touristiques: http:/maokaledo.uniterre.com (photos) http:/maocaledo.uniterre.com (textes) 08:48 - 25/03/2007
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Autobiographie de Mandarine qui nous parle de ses voyages et différentes expériences....
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