| M & m's, une moto se raconte.... |
Découvertes africaines.Bonjour je m'appelle Mandarine, j'ai vu le jour en Allemagne en 2002 et je vais vous parler de ma vie. Il faut d'abord dire que ma vraie vie n'a commencé qu'à partir du moment où ma route a croisé celle de Mao (d'où M & m's, Mandarine et Mao ou Moto et motard...), avant cela de mes deux précédents partenaires je ne garde que quelques 5000km parcourus en France à jouer les baroudeuses dans les villes ou devant les terrasses de bistrots... Pourtant j'avais tout ce qu'il fallait pour tailler la route ou la piste, Bmw m'avait déjà gâtée d'origine et Touratech s'était occupé du reste: une vraie image de pub !!!!
Dès le début avec Mao j'ai vu que ce serait différent. 2003, en pleine canicule alors que tout le monde cherche l'ombre et la fraicheur nous navigons un peu partout en France aux heures les plus chaudes. Trop chaud ? Pas grave, pour traverser le pays la sacoche de réservoir accueillera un camel bag avec des glaçons dedans, j'aurai le réservoir au frais et mon pilote n'aura pas besoin de trop s'arrêter... Ah oui mon pilote c'est le petit là....à coté de moi.
Arrivée à Lyon souvent j'entendais parler de voyages, d'Afrique, du Pacifique, je commençais à m'y croire. Sauf que pour les voyages c'est le gars Mao qui s'y est collé. Pas pour l'Afrique non, pour l'Afghanistan. Et pas pour une semaine , non non , trop facile, neuf mois!!! Neuf mois je suis restée seule à attendre. Enfin seule pas tout à fait, Mao qui n'est quand même pas le roi des égoïstes a retrouvé ma famille et c'est donc en compagnie de ma grand mère "Gessie" et de mon grand père "Kaïser" que j'ai patienté. La famille c'est eux ....
Fin 2004 j'ai senti un peu d'agitation, des bruits étranges, des colis qui arrivent... Rendez vous chez mon médecin traitant et me voilà avec des chaussures neuves, et elles ne sont pas prévues pour la ville. En plus des chaussures il y a aussi les chaussettes, même un traitement "spécial anti ampoule" et plein de jolies pièces en alu. Je me doutais bien de quelque chose, j'entendais parler bateau, soleil, vacances mais Mao n'avait toujours rien dit alors j'attendais , mais avec un peu d'impatience quand même. Et un soir me voilà avec le support de Gps au guidon, jusque là rien de grave, mais surtout la peau de mouton emblématique se retrouve sur mon dos. Là le doute n'est plus permis on va y aller , je ne sais pas où mais c'est sur on va y aller. Il faut dire que grand mère "Gessie" m'a raconté l'histoire de cette peau de mouton qui a déjà vécu.... mais uniquement sur des motos européennes. J'étais donc parée pour le départ. Il n'a pas tardé, le lendemain matin sous un soleil de janvier j'arrive à Sètes pour embarquer sur le "Marrakech" à destination de l'Afrique, mon rêve et ma destinée se réalisent. N'oublions pas que je suis certes de la grande famille Bmw mais branche "Adventure" ma chère ....
Sur le bateau je n'étais pas peu fière, Mao lui s'en foutait à moitié je crois qu'il l'avait déjà pris deux fois ce raffiot mais il était content quand même, toujours l'appel de l'étranger, on ne le refera pas celui là !!! Sauf qu'à un moment il a eu les boules, un vrai gros coup de blues et ça ne lui ressemble pas. Il m'a expliqué et forcément il y avait de quoi avoir les putains de grosses boules de merde : son "roi du Dakar", le plus humain des pilotes de rallye raid, Monsieur MEONI venait de se tuer en Mauritanie...Bad day ce 11 janvier 2005. Déjà le jour de l'anniversaire de Mao, le 29 septembre, il y avait le Grand Richard Sainct qui partait voir si rouler sur les nuages était plus sympa que sur les dunes... Alors deux en moins de six mois ça fait beaucoup. Enfin sur le bateau tout le monde a été gentil avec nous. Il faut dire qu'en plein hiver les motards ne courent pas les rues alors forcément entre pitié ou admiration les gens ne restent pas indifférents.
Mes premiers tours de roue en Afrique se sont donc passés à Tanger, cela commence bien, un vrai mythe cette ville, mais avec le Mao aux commandes pas de perte de temps. Le but est d'arriver à la frontière mauritanienne au plus vite. Heureusement le soleil est bien présent, mais c'est un soleil d'hiver... Mes poignées chauffantes sont plus qu'appréciées .... Du coup on fait un peu de tourisme le long de la cote atlantique. Je suis traitée comme une princesse et arrive à passer des nuits au chaud, ce qui n'est pas du luxe au regard des températures.
Je commence à en ramasser plein les yeux et je me rappelerai longtemps de mon premier coucher de soleil marocain.
A Essaouira je retrouve Alain, une connaissance du bateau, qui nous invite à partager le poisson en plein air. Toujours plus au sud après Agadir la circulation diminue tout comme le nombre de touristes. Après Layoune j'aperçois mes premières dunes, supporte mon premier gros vent latéral et écrase une floppée de cadavres de criquets. Je suis bien dans ce que l'on appelait le Sahara Occidental. De nombreux camping cars mettent des touches de couleur le long de la grande falaise atlantique. Ultime étape marocaine à Dakhla, ex Villa Cisnéros, blottie sur sa presqu'île et peuplée de nombreux militaires. Je retrouve la "tribu des voyageurs", certains continuent vers la Casamance, d'autres partent en Mauritanie à la recherche de météorites, que des gens intèressants. Pendant que Mao se gave de patisseries , de soupes épicées, d'escargots et de brochettes de chameau je refais le plein d'énergie à tarif réduit, détaxe "saharaouïe" oblige ...
Toujours plus loin vers le sud me voilà arrivée à Bir Gandouz frontière maroco-mauritanienne. Il est loin le temps où pour la franchir il fallait arriver en convoi encadré par l'armée... Loin aussi 1993 le temps où Mao passait en "douce" en provenance du sud .... Les formalités sont rapides d'un coté comme de l'autre, on peut même avoir son visa directement ici au milieu de nulle part. En fait la seule pseudo difficulté c'est la traversée du "no man's land" entre les deux postes frontière. Je soupçonne les locaux d'entretenir les bacs à sable pour effrayer les voyageurs et les encourager à prendre un guide ... Moi j'ai donc inauguré le sable et je l'avoue je ne suis pas vraiment faite pour cela , surtout avec deux valises pleines de m... Enfin avec un peu d'aide, du calme et de la sueur la Mauritanie m'a acceptée. Après avoir longé la voie du chemin de fer le plus lourd du monde, étape à Nouadibou chez Momo, lieu proche du paradis du routard. La tribu s'y retrouve, boit des bières, échange des ouguïas, assure les véhicules, mange des langoustes et récupère les dernières infos sur l'avancement de la route vers la capitale. J'ai de la chance, le bitume est loin d'être fini et je pourrai rouler des mécaniques plus tard en disant "moi quand je suis passée il n'y avait pas de goudron ...."
Pas de goudron mais pas de soleil non plus ... Mao va être vénéré comme un dieu ici car à peine arrivé la pluie s'est mise à tomber. Même si je n'aime pas me traîner dans la boue je reconnais que c'est vachement bien pour les mauritaniens.
Avec un petit bidon en réserve de sécurité j'ai pu faire le trajet vers la capitale sans serrer les fesses à cause du carburant . Cela ne veut pas dire que je n'ai pas serré les fesses pour autre chose... Toujours ce fameux sable... Quand je peux aller à droite ou à gauche pas de problème par contre si je suis liée à la piste cela devient tout suite un peu plus sport ... De jour, alors imaginez moi de nuit en train de jouer les équilibristes sur les pistes parallèles au chantier, tolle ondulée et sable .... En tous cas j'ai définivement quitté mon habit de ville pour une panoplie un peu plus baroudeuse.
Content de mon arrivée de nuit à l'Auberge Sahara à Nouatchott, merci Alain pour la bonne adresse. Merci aussi à Simon, motard anglais au repos forcé avec sa clavicule cassée sur son "Dominator", pour la bière salvatrice. Merci enfin au "belge" pour son repas pantagruélique. La vie est belle. Après cette étape je tire mon chapeau à Mao et ses "bédouins sénégalais" avec lesquels il a voyagé dans ce pays en 1992 et 1993, sûr qu'à ce moment là la piste des camions sud/nord cela devait être quelque chose en pleine chaleur ou de nuit ... Avant de prendre la route de l'espoir, en fait la route de l'est, il faut préparer les papiers pour le Mali et c'est juste juste avec la fête de l'Aïd qui arrive...
A partir de maintenant Mao est à égalité avec moi : il découvre ce coin et moi j'ai l'avantage de retrouver de la famille (voir plus haut, mais il me semble que c'est une cousine...). Les paysages sont plus que superbes, la route bonne, la température agréable pour janvier. Nouvelle rencontre avec des "associatifs" qui descendent des voitures au Burkina, notre route se croisera à nouveau. Le voyage est maintenant bien lancé. L'entrée au Mali se fait comme une fleur, il faudra juste soudoyer la douane un jour d'Aïd pour avoir tout de suite le "passavent' qui permet de rouler dans le pays. Mais à Nioro la police est tout à fait intègre... et attend que tu sortes de la douane pour te réclamer l'assurance qu'en ce jour d'Aïd tu n'as pas eu le temps de prendre. Deux possibilités : soit tu payes un peu tout de suite, soit tu payes un peu plus plus tard.... Au final Mao aura un beau reçu qu'il pourra glisser dans son carnet de voyage.
Pendant que Mao se débat avec les papiers et cuit au soleil je profite d'une fraîcheur relative à l'ombre dans notre campement. Un photographe y a installé son studio et en ce jour d'Aïd les clientes défilent pour se faire tirer le portrait , toutes mieux habillées les unes que les autres . Interrogations pour la piste à prendre, finalement ce sera Diéma et Diédiéni. Une vraie piste taillée pour moi, large, sans trop de sable et avec de beaux baobabs pour servir de balise.
Cela s'annonçait plutôt bien, en plus c'était désert vu que tout le monde mangeait le mouton, cool. Mais cela n'a pas duré ; les "bassines" de sable ont rapidement fait leur apparition m'obligeant à slalomer de droite à gauche. J'en ai évité quelques unes, mais pas toutes. Après de belles figures de style l'inévitable est arrivé et je me suis vautrée dans ce p.... de sable mou de m...... Quatre fois sur 130 km !!! On dit toujours qu'on est jamais seul en Afrique et bien ce jour là je peux vous garantir que si. Le gars Mao s'est craché dans les mains et m'a relevée seul à chaque fois... et il a regretté d'avoir rempli les valises. Le soleil de janvier est chaud au Mali ....
Au bout de cette piste encore de la piste mais cette fois ci une magnifique tolle ondulée sur laquelle je glisse tel un tapis volant. Je suis là dans mon élément et justifie l'appellation de "rail", la moyenne horaire ou les pointes de vitesse peuvent en attester !!!
Les pauses se suivent, un coup pour un coca (ils sont trop forts chez coca on les trouve partout ...), un coup pour un paquet de biscuits de mer, un coup simplement pour souffler, enfin pour Mao pas pour moi. Heureusement que lui comme moi nous aimons la chaleur... Ce qui n'empèche pas les arrêts à l'ombre.
A la fin de la journée voilà Bamako qui m'ouvre les bras. Arrivée de nuit, bonjour le jardinage pour trouver de quoi se loger... Au petit matin on part prendre le déjeuner à coté de celui qui va nous guider pour les quelques jours à venir: le fleuve Niger. Quelle majesté, quelle sérénité en cette saison. Du coup on y sera encore pour le coucher de soleil et même pour y dîner d'alocos, de brochettes et de "flag" fraiches (chez flag ils sont aussi forts que chez coca, il y en a partout, mais eux c'est normal ils jouent à domicile). Il n'y a pas que Mao qui mangera, les moustiques eux aussi se régaleront de chair presque blanche....
Le long du Niger la vie est bien présente, l'occasion pour moi de jouer mon rôle de facteur d'intégration. S'il y a un point commun entre tous les pays dans lesquels j'ai pu séjourner c'est bien l'intéret que suscite la moto, quelque soit la moto et quelques soient les interlocuteurs. Le regard s'illumine, les questions pleuvent, l'admiration et le respect pour le motard sont palpables. Vive la liberté !
Je peux maintenant faire la belle et jouer moi aussi les habituées en montant à nouveau en "bateau", enfin bac serait plus juste. Direction Djéné et sa magnifique mosquée. Rencontre avec un couple hollandais à vélo qui tente de traverser l'Afrique vers le sud. Ils se sont fait voler leur carte routière alors je leur file un coup de main pour recopier la notre. Solidarité des deux roues .... Après avoir revu mes "humanitaires motorisés", le monde est petit, je continue ma route vers le pays Dogon où je vais me reposer pendant quatre jours, le temps pour Mao d'aller crapahuter un peu et de fatiguer son guide .... Quand je vous dit qu'il n'est pas normal ce mec !!! Je repartirai de Sangha allégée puisque Mao y a laissé des bouquins , des fringues et une batterie sur place. A moi la piste !!!
Pour rentrer au pays des hommes intègres, c'est à dire le Burkina Faso, il nous aura fallu payer la taxe de travail supplémentaire à la douane .... Du coup le douanier partagera son repas et son whisky avec Mao, le tout en plein "cagniard" et à midi.... Pour la gendarmerie ce sera différent, la chemise camouflée de mon motard servira de sauf conduit !
Après Bamako encore un nom qui fait rêver : Ouagadougou. Ouagadougou envahie par les scooters et autres 125 chinoises. Ouagadougou où les deux servent non seulement de taxi mais aussi de transport en commun. J'ai pu croiser ou doubler des 125 avec six biquettes attachées dessus. Pour la version poulets je n'ai pas pu compter il y en avait trop !!! Je poursuis vers le sud et le ranch de Nazinga pour effectuer un soit disant mini safari. A nouveau la piste, une petite piste et au détour d'un virage... la famille des éléphants (Toré kounda ?). Putain quelle surprise et quelle frousse d'abord quand le grand mâle s'est mis à barrir à mon passage, il était à peine à cinq mètres de moi ... mais après quel pied ... Mao m'a garé un peu plus loin moteur tournant, prudent le gars... et j'ai pu en profiter pendant que lui faisait ses photos . Ah oui je ne sais plus si je vous ai dit qu'il aimait bien la photo.
Après une pareille rencontre, les singes et les crocodiles croisés plus tard ont bien attiré mon oeil mais ce n'était pas la même chose. Je vous jure que je ne fais pas la blasée mais la barre était haute dès le début . En tous cas c'est un coin bien joli et tranquille que ce ranch de Nazinga. Bon je crois bien qu'il y a parfois des chasseurs mais tout est réglementé pour une bonne gestion alors .... Et puis ils sensibilisent les lycéens sur la protection de la nature. Après nous avons continué vers des pays que Mao n'avait même pas envisagé de visiter cette fois ci ... Sens de l'improvisation ?
Donc à nous le Ghana pour perfectionner notre anglais alimentaire et mentir comme des arracheurs de dents ... Sans carnet de passage en douane nous avons réussi malgré tout à rentrer. Belles pistes vers le Togo mais pour la signalisation ... Du coup nous sommes sortis par un poste frontière lilliputien, le douanier nous a offert à boire, sans bakchich, et nous a laissé filer par un portail style portail de maison... Drôle de frontière. Plus loin coté togolais il a fallu que je fasse voir le contenu de mes valises moins pleines depuis le Mali. Pas de visa et pas de passavent pour circuler, étonnant.
Au Togo j'ai retrouvé du relief et des virages, ce qui signifie aussi des camions en vrac dans les fossés... Mao a failli lui retrouver encore de ma famille, des cousines à moi qui auraient été dans la première escorte du premier président togolais.... Au moment de quitter le pays les emmerdes ont failli commencer puisque les douaniers vers le Bénin voulaient voir le visa que leurs homologues ne nous avaient pas donné... Avec deux pin's moto l'affaire s'est vite réglée... Heureusement que ce n'était pas le lendemain car le président cassait sa pipe et là sans papier cela aurait été plus rock & roll.
L'entrée au Bénin passait comme une lettre à la poste sauf que nous n'avions qu'une semaine pour traverser le pays. Vu la taille du pays ce n'est pas un souci. Et comme en plus nous continuons vers le Niger, kein problem comme dirait mon grand père Kaïser. L'avantage au Bénin c'est que nous sommes juste à coté du Nigéria, non personne n'est pris en otage par contre toute l'essence vient de la contrebande. Au début Mao se méfiait un peu et voulait me préserver alors que je ne suis pas difficile et peux avaler n'importe quel carburant, sauf le gas oil. Et puis à force de tomber sur des stations sans essence il a bien fallu faire quelque chose...
Heureusement au bord de la route les stations parallèles sont nombreuses et l'essence y est même filtrée... Il ne reste qu'à bien compter le nombre de bouteilles que je peux avaler, au maximum je vais à trente . Tout ceci me permettra d'atteindre le Niger, ce coup ci je parle du pays pas du fleuve. Au poste frontière je prendrai un passager, non clandestin, en la personne d'un policier qui me guidera gratuitement pour obtenir les papiers nécessaires. Mao que certains lieux font toujours rêver décide de continuer vers ... Agadez. En fait il veut se renseigner sur le terrain sur la possibilité de rentrer en France via l'Algérie.
Au pays des touaregs tout est possible mais rien n'est certain. Le retour, qui n'est pas encore à l'ordre du jour, peut bien se faire par l'Algérie mais cela coute cher... Au moins j'aurai pu poser mes roues à Agadez, croiser un fou qui part seul à pied pour traverser le Ténéré, assister à la grande prière du vendredi, voir le coucher de soleil sur la mosquée caractéristique et prouver à Mao que d'une seule traite on pouvait redescendre vers Niamey soit plus de mille bornes africaines dans la journée. Plus tard retour à la case ... Burkina. Aucun souci à la douane, je suis un peu déçue...Vers Koudougou je retrouve "mes humanitaires" qui sont arrivés à bon port avec leurs deux voitures. Je vais mettre mes pneus dans les traces de la BMW de P'tit Luc motard dessinateur ou dessinateur motard de talent. Petit monde encore ...
Durant ce séjour à Koudougou tout le monde sera aux petits oignons avec moi. Je serai bichonnée, nettoyée, lustrée. Je me demande d'ailleurs qui est le plus fier des deux ? Les démangeaisons me reprennent dans les roues et je glisse à nouveau vers le sud et la région de Banfora. Je confirme à Bobo Dioulasso qu'au pays des hommes intègres il y a des exceptions dans la police .... Arrivée non loin de la frontière ivoirienne je croise mes premiers hippopotames, entre gros on se comprend... De son coté Mao fait une cure de rhum fabriqué localement, mélangé avec du bissap ça le fait parait il .... Petit monde encore, à Banfora nous avons des nouvelles de périgourdins (la patrie de Mao si toutefois il en a une) croisés au sud maroc voilà plus d'un mois. De même nous retrouvons des belges vus au pays Dogon... Comme nous ils doivent aller jusqu'à Dakar alors rendez vous est pris pour plus tard. Jamais deux sans trois...
Suite à cette escapade nous reprenons la route du Mali et de Bamako. Coup de chance dans la capitale , Mao a bien choisi son hotel et à peine sommes nous installés que nous sommes invités par le patron lui même motard et actif au sein d'un moto club de potes. Cela va nous valoir de jouer les stars, de raconter notre périple chez "Tonton" le béhèmiste et de partager repas et boissons. En avant la flag et les allocos...
Cela va aussi nous permettre de faire une balade avec la police, montée sur une moto volée et sans casque pour le passager qui passe son temps au téléphone mobile... Vive l'Afrique. Merci à la bande pour l'accueil et à Patrick pour sa gentillesse. Merci enfin à ma cousine BM de m'avoir guidé vers la route submersible.
Réposée et repue j'ai repris la piste vers Kayes en ayant une petite pensée pour "madame Ba". Le trajet m'a semblé plus court cette fois ci. La force de l'habitude, je deviens une vraie maintenant... Belle rencontre avec encore un hollandais à vélo. Le fou, c'est lui qui me demande si ce n'est pas trop dur !!!
Un peu plus loin sur la même piste c'est Simon, l'anglais sans sa clavicule cassée ce coup ci, que je croise. Il venait de sortir de ce que j'avais nommé dans ma tête "ma galère" puisque je m'étais étalée quatre fois et avais mis quatre heures pour 130 km. Si pour moi il s'agissait de galère pour lui c'était l'enfer ; il a mis dix heures pour passer avec son "Dominator" , pourtant il a le gabarit mais la guérisson était trop récente ... Pas de bière à partager cette fois ci, dommage. Mais petit monde quand même.
Il faut vraiment profiter de cette piste vers le Sénégal car elle ne va pas tarder à être civilisée et le bitume va faire son apparition facilitant la vie de tout le monde ou presque. Les ronchons qui grognent, et dont Mao fait parfois partie, doivent bien comprendre que le progrès est là pour tout le monde et ce ne sont pas les pistes qui manquent pour qui veut les trouver. Le temps gagné sur ces futures routes permettra d'aller voir dans les coins encore plus reculés et d'y rester un peu plus longtemps.
Entre Kayes et Kidira les baobabs veillent et fournissent un peu d'ombre dans cette fournaise. Mao arrive "chez" lui au Sénégal. Les deux ans passés là bas ont laissé des traces. J'entends encore le récit de ses virées avec ses potes. Et puis il y a aussi les histoires de ma grand mère "Gessie", elle porte l'appellation "Paris Dakar" et sans elle je ne serai pas là aujourd'hui. Tout comme nous ne serions sans doute pas là si un certain monsieur Sabine ne nous avait pas fait rêver avec sa course de folie. Kidira, Tambacounda une bonne gamelle pour Mao , c'était en 93, maintenant le goudron, mauvais, est là .
L'objectif du voyage est presque atteint, après quelques détours certes, mais Dakar est en vue. Il faut prendre le temps de savourer le calme du Siné Saloum avant d'aller affronter la cohue de la capitale.
Pointe de Djifer, Joal Fadiouth, N'Dangane le tourisme est bien présent mais les pistes sont toujours là, pourtant nous ne sommes qu'à cent kilomètres de Dakar. A partir de maintenant il ne peut plus m'arriver grand chose. J'ai réussi à me faufiler au travers des monstrueux embouteillages de Rufisque. Avec mon cul d'éléphant dû aux valises ce n'était pas gagné. J'ai retrouvé les potes à Mao, ils sont un peu fiers les gars du moto club 23 Bima de voir le petit de retour. J'aurai droit à la totale pendant trois semaines ; je suis la reine de Dakar.
Dommage que le café "Ponty" soit fermé sinon on y mettait le feu pour tatie Danielle avec Yannick... Maintenant je connais la petite corniche, la grande, la place de l'indépendance où il s'en est passé de bonnes certains soirs... Je suis baptisée, non mieux que cela je suis intronisée. J'ai même réussi à trouver une caverne d'Ali Baba, bon d'accord Ali Baba est un peu libanais et la caverne un peu un garage, mais il y a là Norton, Bsa, BM, Vincent, Harley...Le tout dans un état à faire pleurer les puristes... C'est l'Afrique. Maintenant il ne reste plus qu'à rentrer à la maison... Ce n'est pas forcément le plus rigolo mais bon. Cela va rajeunir mon pilote . Vérification des horaires de marée et en avant vers ST Louis par la plage comme à la bonne époque.
Rien n'a changé pendant tout ce temps là. Les pécheurs se battent toujours avec leurs filets, les pirogues font toujours les belles avec leurs couleurs multiples. Et la plage me supporte pendant plus de 150 km, le pied....
Option bac pour rentrer au pays des maures. Là ça a un peu changé et c'est même devenu un sacré bordel à Rosso. Le fleuve Sénégal tout comme le pays est derrière moi. Le retour est vraiment enclenché laissant un petit goût amer dans la gorge.
Dans mon "malheur" le soleil est tout de même là pour m'accompagner et les dunes sont toujours aussi belles. Le chantier de la route Nouatchott Nouadibou avance. Le trajet me semble bien anodin cette fois ci. Le passage du "no man's land" aussi. Le douanier m'a bien fait rire en proposant à Mao de m'essayer juste là .... Dans tes rêves !!! Bye bye Mauritanie et merci pour tout.
Traversée du Sahara Occidental vécue comme une punition, long, pas intéressant. Coup de génie du pilote avant Agadir changement de programme on va prendre le temps de rentrer et profiter de l'anti Atlas. Il faut dire que le Mao il est déjà venu à sept reprises dans le pays alors il connaît un peu mais il y a encore des coins où il n'a pas mis les roues. Et justement c'est le cas de l'anti atlas du coté de Tafraoute. Je retrouve du relief, des routes qui tournent et de la verdure. Après deux mois et demi de voyage cela fait plaisir surtout que la météo nous chouchoute. Toujours le petit monde , en discutant avec un vieux motard français retraité à Tafraoute Mao s'aperçoit qu'il l'avait déjà vu et discuté avec lui en 97 à ...Vannes !!! Pas la peine de préciser que tous jolis spots des environs nous ont été dévoilés.
J'ai enfin pu discuter avec des copines motardes japonaises. Elles venaient de Tchécoslovaquie et leurs proprios étaient un peu "paumés". Mao les a remis dans le bon chemin et les a conseillé pendant deux jours. J'ai pu leur faire voir les gorges de Todra et de Dadès, je me suis régalée mais elles aussi.
Les routes incontournables nous ont vu passer. C'est bien d'avoir le temps de flâner...
Encore un col, une vraie route à motard, mais facile celle là... Et puis plus tard la surprise du chef, il ne m'aura vraiment rien épargné....
Trois mois après le départ me revoilà à la case Sètes. Le soleil est à nouveau présent et le premier repas de Mao se fait en terrasse le long du grand canal... Au compteur 20 000km de plus, neuf pays visités, une vidange effectuée, des litres de thé avalés, encore plus de litres d'essence toutes origines confondues . La belle vie d'"Adventure" quoi .... Mao s'est rasé, j'ai eu droit à mon coup de Karcher, la peau de bique trop usée est partie à la poubelle il est temps de rentrer à la maison.
Je vais reprendre mon habit de ville en attendant le prochain voyage, mais le temps va me sembler long....même en compagnie de "Gessie" et "Kaïser".
Vous pouvez suivre d'autres voyages aux adresses suivantes:
http:/maokaledo.uniterre.com (galerie photos) http:/maocaledo.uniterre.com (carnet de voyage) 04:03 - 16/03/2007
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Autobiographie de Mandarine qui nous parle de ses voyages et différentes expériences....
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